Igoville, du Viking au maître verrier : histoire & patrimoine
Un nom scandinave millénaire, un château Louis XV devenu mairie, des vitraux de Décorchemont et une faïencerie du Patrimoine vivant : Igoville concentre plus d’histoire qu’il n’y paraît.
Derrière son visage de village périurbain, Igoville aligne un patrimoine étonnant : un nom venu d’un colon scandinave du Xe siècle, un château du XVIIIe qui abrite aujourd’hui la mairie, des vitraux de François Décorchemont — l’un des grands maîtres verriers français — dans son église, la mémoire d’un fort médiéval disparu et d’un combat héroïque de 1940, et même une faïencerie labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant. Onze siècles d’histoire, à découvrir en une promenade.
- « Vigovilla » : la ville du Viking
- Le fort de Limaie, gardien disparu
- Le château-mairie (XVIIIe siècle)
- Les vitraux de Décorchemont
- Juin 1940 : la mémoire des tirailleurs
- La faïencerie, patrimoine vivant
- Ce que ce passé dit du cadre
- Questions fréquentes
« Vigovilla » : la ville du Viking
Le nom d’Igoville — « Vigovilla » en 1240, « Igoville » dès 1340 — associe le suffixe médiéval -ville (le domaine rural) à un nom d’homme scandinave, Vígautr. Comme ses voisines en « -ville », la commune garde ainsi la trace des colons venus du Nord qui s’installèrent dans la vallée au Xe siècle. Onze siècles plus tard, le domaine de Vígautr est devenu le village des navetteurs — la vallée de la Seine n’a jamais cessé d’attirer.
Le fort de Limaie, gardien disparu
Au Moyen Âge, Igoville participait à la défense du passage stratégique de la Seine : le fort de Limaie, élevé au XIIIe siècle face à Pont-de-l’Arche, verrouillait la rive droite du fleuve. Démantelé à la Révolution, il a disparu du paysage — mais pas de l’histoire : il rappelle que ce coude de la Seine, avec son pont, fut pendant des siècles l’un des verrous militaires de la Normandie.
Le château-mairie (XVIIIe siècle)
Le cœur du village a de l’allure : la mairie siège dans un château du XVIIIe siècle, dont l’escalier Louis XV témoigne de l’élégance d’origine. Peu de communes de cette taille peuvent recevoir leurs administrés dans un tel décor — un héritage seigneurial devenu bien commun, qui donne au bourg son identité et sa dignité.

Les vitraux de Décorchemont
L’église Saint-Pierre réserve la surprise du village : ses vitraux sont l’œuvre de François Décorchemont (1880-1971), le maître verrier de Conches-en-Ouche mondialement connu pour ses pâtes de verre. Ses verrières, à la matière épaisse et aux couleurs profondes, comptent parmi les trésors discrets de la vallée — un morceau d’art majeur du XXe siècle, à dix minutes de Rouen et à deux pas de chez soi.
Juin 1940 : la mémoire des tirailleurs
Les 8 et 9 juin 1940, le combat de Pont-de-l’Arche — la défense du pont face à l’avancée allemande — coûta la vie à 41 soldats français, dont 26 tirailleurs sénégalais du 208e régiment d’artillerie coloniale. Igoville honore cette mémoire, partagée avec les communes voisines : celle d’hommes venus de loin, tombés pour défendre un pont de la Seine. Une page grave et digne de l’histoire locale.
La faïencerie, patrimoine vivant
Le patrimoine d’Igoville ne se conjugue pas qu’au passé : la Faïencerie Lambert, fondée en 1964, perpétue au village un artisanat d’art reconnu — elle est labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant. De la pâte de verre de Décorchemont à la faïence contemporaine, Igoville cultive ainsi, discrètement, une tradition d’arts du feu peu commune pour une commune de sa taille.
Ce que ce passé dit du cadre
Domaine viking, verrou médiéval, château des Lumières, art verrier du XXe siècle, artisanat vivant : Igoville est un condensé d’histoire de la vallée — toujours au croisement du fleuve, de la route et du travail des hommes. Ce fond patrimonial, méconnu, distingue le village des communes purement résidentielles : on n’habite pas seulement un emplacement pratique, on habite un lieu qui a une épaisseur.
Questions fréquentes — patrimoine
D’où vient le nom d’Igoville ?
Que voir à Igoville ?
Que s’est-il passé à Igoville en 1940 ?