La Haye-Malherbe : la lisière, le château et les hameaux
Un nom médiéval qui dit « la lisière de forêt », un château bâti sous Mazarin pour un homme de l’ombre du pouvoir, un moulin mentionné en 1246 : l’histoire de La Haye-Malherbe s’écrit entre champs et bois depuis huit siècles.
Le nom dit tout : « Haia Malherbe », attesté en 1194 chez le chroniqueur Roger de Hoveden, où « haye » désigne au Moyen Âge la lisière de forêt — et « Malherbe », le lieu où l’herbe est mauvaise. Huit siècles plus tard, la commune est toujours ce qu’annonçait son nom : un bourg et ses hameaux installés à la lisière des bois, entre les champs du plateau et la forêt d’Argeronne. Avec, au fil du temps, un moulin médiéval, des manoirs — et un château du Grand Siècle.
- Haia Malherbe, 1194
- Le moulin, les manoirs, les hameaux
- Argeronne : le château de l’homme de Mazarin
- L’église Saint-Nicolas
- De la campagne au bourg périurbain
- Ce que ce passé dit du cadre
- Questions fréquentes
Haia Malherbe, 1194
La première mention écrite du village date de 1194 — « Haia Malherbe », sous la plume du chroniqueur anglo-normand Roger de Hoveden, en pleine époque de Richard Cœur de Lion. Le nom est un programme : la haye médiévale, c’est la lisière, la bordure de forêt défrichée ; Malherbe, la terre ingrate qu’il fallut du courage pour cultiver. Les attestations suivantes — « Villa Malherbe » en 1246, « Haya Malherbe » en 1261 dans le cartulaire de Saint-Wandrille — disent un village bien établi dès le XIIIe siècle, entre les abbayes normandes qui se partageaient ses dîmes.
Le moulin, les manoirs, les hameaux
Le patrimoine de la commune est disséminé dans ses hameaux, comme sa vie l’a toujours été : le moulin de Beauregard, mentionné dès 1246, dont les vestiges remonteraient au XVe siècle ; le manoir du Carbonnier (XVIIe-XIXe siècles) ; l’édifice fortifié du Défends — un nom qui dit la terre « défendue », réservée — aux origines du XIIe siècle ; le manoir des Hoguettes (XVIIe). Fermes à cour, granges et chemins creux complètent ce bâti rural authentique, qui fait aujourd’hui le caractère — et la valeur — de l’habitat ancien des hameaux.

Argeronne : le château de l’homme de Mazarin
Le joyau local est à l’orée des bois : le château d’Argeronne, bâti entre 1650 et 1655 pour Louis Berryer, comte de La Ferrière — un homme de l’ombre du Grand Siècle, proche collaborateur de Mazarin puis de Colbert. Sobre et élégant, flanqué d’une orangerie de plus de 400 m² et d’un vaste parc, il domine la forêt qui porte son nom. Sa reconversion est à son image : chambres d’hôtes, réceptions, séminaires — et même un espace de coworking au milieu des bois. Trois siècles et demi plus tard, on travaille à nouveau pour de grands projets à Argeronne ; ils ont juste changé de nature.
L’église Saint-Nicolas
Au centre du bourg, l’église Saint-Nicolas raconte les épreuves du village : mentionnée dès 1194, reconstruite en pierre de taille au XVIe siècle, ravagée par un incendie en 1719 puis restaurée, elle reçut son clocher actuel en 1857. Autour d’elle, la place accueille toujours le marché du jeudi — huit siècles après la première mention du village, le cœur bat au même endroit.
De la campagne au bourg périurbain
L’histoire récente de La Haye-Malherbe est celle d’une croissance maîtrisée : un millier d’habitants à la fin des années 1960, près de 1 500 au milieu des années 2000 — les familles des bassins de Louviers et d’Elbeuf ont découvert le plateau — puis une stabilisation autour de 1 400. Le bourg a grandi sans se renier : les commerces et les écoles ont tenu, le marché du jeudi aussi. C’est précisément cet équilibre — ni village figé, ni lotissement anonyme — qui fait aujourd’hui son attractivité.
Ce que ce passé dit du cadre
Lisière défrichée au Moyen Âge, hameaux de fermes et de manoirs, château à l’orée des bois : l’histoire de La Haye-Malherbe est celle d’un équilibre entre les champs et la forêt — et cet équilibre est exactement ce que les habitants d’aujourd’hui viennent chercher. Le paysage qui fait la valeur de la commune n’est pas un décor récent : c’est une construction patiente de huit siècles, que la forêt d’Argeronne protège durablement.
Questions fréquentes — patrimoine
D’où vient le nom de La Haye-Malherbe ?
Qu’est-ce que le château d’Argeronne ?
Que voir à La Haye-Malherbe ?